Ghost

Parce qu'en allant jusqu'aux limites de l'anéantissement, Elle va dans une drôle de rencontre : celle avec Elle-même. Elle avance, Elle creuse jusqu'aux racines, jusqu'aux sources enfouies sous le désert des interdits déposés par l'enfance et les couches sédimentées des raisonnements ressassés.
Il faut sûrement toucher le fond de la piscine pour donner l'ultime coup de talon qui fera remonter à la surface.
Accepter d'en passer par un monde devenu marécage, où tout acte et toute pensée lui pèsent et l'entraînent dans des bas-fonds, là où ce à quoi Elle pourrait se raccrocher se décompose.
Quand la lassitude extrême envahit, tout devient effort. Elle s'use et se désabuse de cette difficulté à s'incarner, se réaccorder, parvenir à Elle-même.
Dans ces moments assaillis par le doute, Elle ne sait que recourir à l'Autre : nette, sèche et droite, planant au-dessus des tracas du coeur et du corps, à l'abri car quelque part dématérialisée. Et Elle se laisse aller aux chants de la sirène envoûtante, soulagée qu'un fantôme de vie vaille mieux qu'une vie râtée. Puis la conscience ressurgit sur l'abomination de ce leurre, de cet enfer de glace et Elle pleure ...