Dans l'obscurité

Publié le par Barbabulle

 

Seule, Elle regarde les ombres s'allonger au plafond et irrémédiablement Elle cherche à y reconnaître des silhouettes dont, tout à coup, la voix ne semblerait plus si loin.

Toujours les mêmes visages, la même mélancolie, la même nostalgie, le lamento des souvenirs, la douleur de n'être pas encore morte et d'avoir survécu à ce(ux) qu'Elle aime. La pluie comme une rumeur, le vent comme un râle l'accompagnent.

Et la nuit rôde dans cette pièce, où s'agite ce désir ridicule de vouloir encore espérer, quand le silence partout s'infiltre jusqu'à tisser chaque jour un peu plus entre le monde et Elle une fine étoffe absorbant davantage chagrin, douleur et obscurité.

Un face-à-face insupportable avec les pans de sa vie défaits. L'enfance, l'Amour, les voyages, les rencontres, La rencontre une fois - deux fois avec Lui à des années d'intervalle quand Elle y a cru, les rendez-vous de fortune et d'infortune, les promesses, le bonheur frôlé, les regards, les sourires, les questions laissées sans réponse, les phrases en suspens, celles qu'Elle n'a pas su dire et celles qu'Elle n'aurait jamais dû prononcer ~je t'aime~ , les rêves gercés, les fantômes que l'absence ranime, l'enfant détruite, la voix de la mère comme source vive dans le noir.

Elle se promène dans ses émotions qui commandent à la mémoire et Elle s'abandonne. Remplie d'absences, tout l'abandonne.

 

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Publié dans Elle et l'Autre

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