L'âme de fond

A racler les fonds de tiroirs, les recoins et les compartiments secrets.
A vouloir chercher tout ce qui ne se voit pas, ne se dit pas, et n'ose même pas se penser.
A puiser encore et faire descendre des seaux dans des puits sans fond.
A faire craquer le vernis, la peinture et les couches d'enduit.
A porter à la flamme de la bougie pourtant si paisible, paillettes - sable et senteurs customisée.
A effeuiller les couches de papier peint empilées les unes sur les autres, le blanc sur les p'tites fleurs, sur le rayé, sur le carreau.
A décaper, passer et repasser le papier ponce du plus grossier au plus fin des grains.
A vidanger les cuves, purger les tuyaux, jusqu'à l'appel d'air.
A décortiquer, éplucher, peler sans s'embarrasser de couteau économe.
A astiquer, désinfecter, javelliser, aseptiser jusqu'à blanchir.
A laver -en ayant prélavé- à 90° pour essorer 10.000 tours/minute si c'est possible et encore tordre pour égoutter.
A ébouillanter, à claquer dans des poêles chauffées à bloc et même pas anti-adhésives, même pas "matière-grasséisées".
A dissoudre, vapeurs d'éther et de white-spirit ...
On y arrive ...
Là tout bas ...
L'âme de fond ...