Come back soon

Lorsque ce texte paraîtra, j'aurai emmené ma valise ailleurs. Un ailleurs, celui de quatre murs blancs, dans une clinique où pour tenter une nouvelle fois d'avancer, j'aurai confié ma tête et mes jambes, mes jambes et ma tête, mon coeur et mon âme, mon âme et mon coeur à des messieurs & dames revêtus de blouses de la même couleur que les murs.
"Personne ne sait combien de temps peut durer une seconde de souffrance", c'est écrit chez Graham Greene.
Et les secondes mises bout à bout, cela devient insupportable.
Insupportable de peiner dans une vie qui ne semble pas compatible avec ma peau, comme un parfum dont la symbiose chimique n'opère pas et vire irrémédiablement. Avec d'atroces relents fétides et acides qui montent à la tête et font naître les céphalées de la pire intensité. A s'exploser le crâne contre les murs, à défaut de ne pas l'avoir fait sur les rochers d'un château en ruine, de ce dédale, ce labyrinthe merdique au fil d'Ariane effiloché.
Depuis que je suis née, je meurs. C'est long de mourir. Je veux encore vivre avant de crever. Alors je vais encore essayer de me donner les moyens d'y arriver. Je sais à quoi et surtout à qui je veux sourire, et j'espère que quelques-uns m'attendront quelque part ...
Regarde il gèle, là sous mes yeux
Des stalactites, rêves trop vieux
Toutes ces promesses qui s’évaporent
Vers d’autres ciels, vers d’autres ports
(...)
Prends mes soupirs, donne moi des larmes
A trop mourir, on pose les armes
Respire encore mon doux mensonge
Que sous ton souffle, le temps s’allonge
(...)
Seul sur mon sort en équilibre
Mais pour mon corps, mon coeur est libre
Ta voix s’efface de mes pensées
J’apprivoiserai ma liberté
Le Tunnel d'or - Aaron