Images de nuit

La nuit dernière, j'ai rêvé que j'étais là-bas. Libre, les cheveux au vent, du sel sur les lèvres, à être heureuse de rocher en rocher. Et puis je m'asseyais sur l'un d'eux, histoire de faire faire trempette à mes mollets.
Alors, le ciel s'obscurcissait, lourd et menaçant. Le soleil éclipsé, le rose du granit virant au gris foncé. Et en accéléré la tectonique des plaques, une faille divergente : mon bloc, mes cheveux, mes lèvres et mes mollets, nous nous sommes retrouvés déportés loin, loin, si loin que le rivage ne me paraissait plus visible. Au milieu de l'immensité silencieuse et inquiétante. La panique m'a envahie : il fallait que je rejoigne la rive (la Vie ?), mais par où ? Nager oui, mais combien de temps, en aurais-je la force ?
Abandonnés sur la roche mes chaussures et mon sac, dans l'eau j'ai glissé. Un froid de canard, les dents qui claquent et les muscles endoloris, j'ai brassé l'eau pour avancer dans la direction pour laquelle j'avais opté ... J'ai nagé et puis nagé ... à m'épuiser. Rien à l'horizon, pas de sable, pas de soleil, pas de bruyères, encore moins de genêts, pas de Superman pour me sauver.
Et là, je me suis réveillée ... en sueur, sûrement des kilomètres de nage accomplis. Je ne sais pas si j'ai coulé, je ne sais pas si j'ai fini par regagner l'autre côté. Je me suis réveillée, et je suis en vie ... et j'irai voir la mer ... bientôt ...