Yesterday

Arrêter de regarder en arrière, cesser de vivre dans la nostalgie du passé, ses bonheurs évanouis avec Lui ... eh bien, non, c'est impossible quand c'est ce qui la fait se lever le matin. Cette chaleur au coeur, ces envolées de sentiments qui l'ont habitée ... Si Elle ne se souvient pas de ça, Elle s'arrête ... là, tout de suite, parce qu'il n'y aurait aucune raison de continuer.
Le trépas, c'est passer de la vie à la mort. Il n'y a guère qu'avec Lui qu'Elle s'est sentie vivante et Elle a urgemment besoin de ces réminiscences pour tenter de continuer à avancer.
Et Elle le sait pertinemment : rien ne sera jamais plus comme avant, parce qu'il y a un deuil à faire, le deuil de leur Nous, probablement aussi le deuil de ce qu'Elle a été un peu dans ses bras et dans ses yeux. Mais faire un deuil d'une histoire, ça ne signifie pas la balancer six pieds sous terre et déposer dessus trois chapes de plomb. Faire le deuil, c'est faire exister autrement.
Exister ... C'est bien le mot, parce que l'incarnation est là, par delà la fin, l'empreinte est présente et son présent est paré de beaucoup de vêtements de ce passé. Elle ne peut pas les arracher pour les ficher à la poubelle : Elle, sans ces vêtements, Elle est nue et par les temps qui courent Elle a froid.
Elle ne s'enferme pas dans ce passé de coeur battant, parce que l'adrénaline de son quotidien vient aussi de ces images : Elle s'en sert pour avancer ...
Il faudrait une raison pour vivre, paraît-il, la sienne Elle l'a trouvée. Parce qu'un jour, il y a eu Lui, parce qu'un jour il y a eu Nous, parce qu'Elle a eu la chance de savoir avec quelle force on peut aimer ...