Les yeux, ça ne ment pas ...

Heureuse de l'avoir eu en face d'Elle. Heureuse de ne pas en être restée aux mails laconiques, aux coups de fil lapidaires, aux murs de glace imposés et autres fenêtres bloquées ... Là, en face d'Elle, pas d'échappatoire, pas de possibilité de se voiler, de se retrancher derrière les mots étudiés pour distancer ...
Les yeux, ça ne ment pas, encore moins lorsqu'il s'agit de ce qui s'y passe entre deux personnes qui ont tout partagé pendant 6 ans. Il a essayé, mal à l'aise, de garder les yeux baissés lorsqu'ils discutaient puis ils se sont levés.
Elle y a vu qu'Elle comptait encore pour Lui, plus de la même façon, sûrement pas de celle dont Elle le rêverait, mais Elle a vu que non, sûr que non, une chose finie ne signifiait pas toutes les choses finies. Quand bien même Il ait tenté à plusieurs reprises de se dérober, Elle sait, Elle le connaît par coeur, Elle a compris, aussi ce qu'Il n'a pas dit, aussi ce qu'Il a suggéré à demi-mots, à quarts de mots, à millièmes de mots.
Ils ont parlé de leurs combats, de leurs vies, de leurs bonheurs (?), de leurs souvenirs. Ils ont souri souvent, se sont émus mutuellement, se sont tus pour respecter, ont bifurqué pour éluder et se sont serrés dans les bras pour apaiser. Ils ont été proches, même si deux routes se sont tracées, proches de ce passé, de ce présent et du "bas les masques" qui se produit lorsqu'on met côte à côte une Elle et son Lui.
Pour le reste, les yeux ont parlé, les siens Elle pourrait s'y noyer, mais pour respirer, de cet air qui lui emplit les poumons et lui fait sentir qu'Elle est en vie. En vie face à Lui, en vie devant Lui, envie de "Je t'aime" à réinventer ...