Pèlerinage

Il est parti avec ses choses, Elle fuit cette idée : Elle part sur les traces initiatiques de moments partagés. Il est tard, le soleil est au lit, et voilà ce qu'Elle fait : Elle marche dans les rues de sa ville jusqu'à l'édifice, qu'Elle matérialise en support des souvenirs de soirs d'été. Elle écoute et Elle regarde, un "Son & Lumières" comme on dit.
Des cinq sens, voilà qu'Elle en a occupé deux. Manque cruel de sa peau sur la sienne, de ses bras qui lui retenaient la taille. Manque cruel (!) de la saveur des glaces qu'Elle s'autorisait alors à déguster, le psychotage évanoui, prévenu par l'amour de Lui. Manque cruel du parfum suave de sa peau, le nez niché sur l'épaule, dans le cou, au rythme de ses envies de le serrer.
Elle est là, plantée, orpheline de trois sens, devant la maison d'un Dieu auquel Elle ne croit pas, mais Elle le prie quand même d'entendre le cri de son coeur arraché à la raison la plus belle qu'il lui ait jamais été donné de battre, cet amour de Lui.
Le vent souffle, comme toujours, autour de l'architecture fléchée, et la marée humaine se met à remuer : les applaudissements claquent, des badauds, des touristes, des couples comme celui qu'ils ont été, des vieillards et des enfants. Le rideau tombe , "Lacrimosa" de Mozart dans les micros pour ce soir en écho dans la tête va résonner ...