Monster

Publié le par Barbabulle

 

L'histoire : Lee (Aileen Wuornos), petite poupée blonde aux rêves déçus, survit en se prostituant. Au cours d'une de ses nombreuses errances, un soir, dans un bar, elle rencontre Selby, gamine gâtée et frustrée de ne pouvoir vivre son homosexualité, enfermée dans son carcan culturel et familial. C'est le coup de foudre. Pour leur donner la possibilité à elles et à leur amour de subsister, Lee continue à vendre son corps jusqu'à cette nuit du drame, et le début de la descente aux enfers (quoi qu'elle ait déjà débuté bien avant), où elle assassine un client qui l'a agressée, ..., puis une série de 6 autres ...

Patty Jenkins, s'inspirant de l'histoire vraie de la 1ère "serial killer" femme condamnée à mort aux USA, met en scène un cri de douleur déchirant. Plaidoyer, réquisitoire? Monster, empreint de réalisme, illustre la complexité des circonstances qui jalonnent une vie. Noir, parfois désespéré, parce que la vie y est une putain, le film fait souvent froid dans le dos.

Réhabiliter un être humain, transformé malgré lui en monstre, c'est la question ici soulevée. Autant victime que coupable malgré l'horreur des crimes commis? On se demande en fait qui est le véritable monstre : Lee, qui a tué 7 hommes pour survivre et sauver son amour (mais laisse la vie sauve à un type bégayant qu'elle prend en pitié)? La vie qui ne lui a pas laissé sa chance lorsqu'elle a voulu "rentrer dans le rang"? Selby, dont Lee a voulu satisfaire toutes les envies et désirs, engluée dans des liens de dépendance affective et de manipulation consciente/inconsciente?

Charlize Theron et Cristina Ricci sont toutes les deux excellentes, justes et investies. La réalisation est efficace, sans voyeurisme, et réussit néanmoins à glacer (on pense parfois à Thelma & Louise).

On est tous le monstre de quelqu'un. La violence est un système qui se nourrit de conditions particulières...

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Publié dans Vu - lu - entendu

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