
Je suis sortie de l'hôpital psychiatrique, l'asile, parce que oui c'est là-bas que je suis allée. Je suis sortie et j'ai changé ...
Ce que j'ai vu, vécu là-bas a été dur, très, confrontant, angoissant, déstabillisant, choquant, apeurant, décourageant et puis encourageant et puis décourageant et puis ...Je ne pourrai jamais faire comme si ça n'avait pas existé, sur bien des plans.
Ce que j'y ai fait et expérimenté fait sûrement que je suis sur la route vers ~Je~ même si je sais que le chemin est encore long, très, qu'il faut l'approcher, l'apprivoiser et l'écouter cette personne emmurée et emprisonnée pendant si longtemps.
Les médecins donnent des pronostics de durée de traitement pour de réels progrès, oui le chemin est encore long : ça peut faire peur ou mal ou les deux. Je cultive l'espoir que la maladie me laissera le temps de lui dire bye-bye définitivement, je n'en veux plus de cette maladie pour vivre parce que je ne vis pas entre ses bras.
Je continue ma prise en charge autrement, plus en enfermement continu, je suis dorénavant en "responsabilisation thérapeutique partielle", en service "spécialisé" et plus en "psychiatrie générique".
Je veux parler, je veux sourire (on m'a fait comprendre que ça m'allait plutôt bien), je veux rire, je veux respirer, je veux voyager, je veux donner et échanger, je veux aimer, je veux être aimée, je veux construire, je veux avancer, je veux que l'on s'adresse à et que l'on regarde ~Je~ (plus de bouts d'Elle, de l'Autre ou de je ne sais pas quoi).
Je sais en plus, j'ai accepté de savoir, que je n'étais pas seule, outre le staff médical en action. Mon exil m'a montré irrévocablement les personnes qui comptaient, celles qui depuis plus ou moins longtemps croient en ~Je~ et ont envie que je lui donne la parole.
Je veux dire *** merci *** à ces personnes rares, belles, parce que je les aime, chacune à leur façon. Je ne ne serais sûrement pas là si elles ne l'avaient pas été ... Once, twice, someone saved my life ...
Adressés à cette cochonnerie de maladie ces mots en uppercut ...
"Donne-moi le temps
D'apprendre ce qu'il faut apprendre
Donne-moi le temps
D'avancer comme je le ressens
Y'a pas d'amour au hasard
Ou qui arrive trop tard
J'appendrai le temps d'attendre
Tellement de rêves
Qui se trouvent gâchés
A vivre tout juste pour s'évader
Est ce que nos peurs valent
A ce point la peine
Pour exiger aussi peu de nous même ?"
JE VEUX VIVRE



Vous avez dit ...